« Les camps de concentration en France »

« Les camps de concentration en France »

Conférence 2.

Par M. Pierre Castillou.

Organisée par Annie Laporte-Fauret et Catherine Cabocel.

Lundi 11 février, à Ousse (Mairie), à 15h30.

A Ousse, 52 personnes ont écouté la conférence de Pierre Castillou étayée par un riche diaporama de photos de l’époque.

Il nous a précisé le sens des mots et expliqué les fonctions et différences entre les camps d’internement, les camps de concentration et les centres d’extermination qui apparaissent dès la fin du XIXe siècle en Amérique, Afrique, Asie, URSS, puis en France en 1914.

En France, dès le début de la 1ere Guerre mondiale, on ouvre des camps de concentration, vite rebaptisés camps d’internement pour les familles d’origine allemande, austro-hongroise, ottomane, belge ou d’Alsace-Lorraine comme celui de Garaison dans notre région. Ces indésirables mais aussi les prostituées sont internés dans 74 camps du sud et de l’ouest de la France. Par ailleurs, 530 000 soldats allemands sont faits prisonniers et internés dans quantité de camps et de dépôts à la fin de la guerre.

Fin janvier 1939, 500 000 républicains espagnols passent la frontière catalane, fuyant la dictature. La plupart seront parqués dans les camps du Roussillon (Argelès/Mer, Rivesaltes, Barcarès) avant d’être répartis dans des camps comme celui de Gurs, près d’Oloron.

Lors de la 2e guerre mondiale, 55 000 civils « indésirables » sont internés dans les camps dont certains deviendront des antichambres de la mort sous le gouvernement de Vichy, des convois transitant par Drancy et Compiègne partiront vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Au total, durant ce conflit, près de 600 000 personnes passeront dans les 200 camps français.

Après la guerre et l’épuration, les camps évoluent et s’adaptent. Certains deviennent des prisons, des casernes, d’autres des asiles d’accueil pour loger la population qui a tout perdu pendant les combats, mais continuent aussi à héberger les Cong Binh indochinois réquisitionnés. Plus tard, ils hébergeront les rapatriés d’Indochine et d’Afrique du Nord, victimes des conflits de la décolonisation, les Hongrois aussi, mais beaucoup deviennent des centres d’hébergement administratif dans lesquels l’État interne ses opposants (guerre d’Algérie, FLN, OAS…)

De nos jours, il existe 32 CRA (centres de résidence administrative) qui internent les réfugiés clandestins et illégaux en attente de régularisation, en moyenne 28 000 personnes par an….

Cette conférence passionnante s’est terminée par un sympathique pot de l’amitié.

 

Des images ici.

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