« La ronde des bastides »

« La ronde des bastides »

Voyage 3.

Organisé par Anne-Marie Tahon et Pierre Cerezal.

Du lundi 11 au mercredi 13 juin.

Les bastides du Haut-Agenais et du Périgord avaient été excellemment présentées par M. J.-P. Valois (cf. un CR précédent). Pour 56 Abbanais-e-s, elles ont été le pivot d’une « ronde » remontant le temps jusqu’au XIIe siècle.

Après une pause dans la bastide de St Justin, notre déjeuner « étoilé » à Ste Livrade sur une terrasse dominant le Lot restera dans les mémoires. L’après-midi, Monflanquin a permis d’appréhender divers thèmes : panorama avec, au loin, le château de Biron, visite du petit musée pour la très détaillée charte de la bastide et diverses maquettes, agréable application des données par la promenade guidée dans la bastide. Le soir, à l’hôtel Monfort où nous logions, démonstration de fabrication de tourtières et dégustation !

Le lendemain, direction Nord, vers Castillonnès. Le bourg a gardé sa structure malgré des constructions aussi diverses que la petite léproserie ou l’hôtel Thomazeau. Puis ce fut Villeréal, anglaise pendant 174 ans mais frontière mouvante entre les armées françaises et anglaises, pour sa halle reconstruite au XVIe et surmontée de la salle de la jurade actuellement siège de Radio 4 (interview de M. J. Baucou, Psdt de la fédération des bastides d’Aquitaine). L’après-midi, à Monpazier, la bastide la mieux conservée et la plus touristique du Périgord, nous avons photographié à l’envi l’église, les Cornières, la maison du Chapitre, la Halle… La visite du Château de Biron a évoqué Charles de Gontaut-Biron, décapité après une nouvelle conspiration contre Henri IV. Cet ancien château fort dont les ajouts ont fait une résidence noble recevait la visite de Jeanne d’Albret. Après le retour par la petite vallée de la Lède et le dîner, une excellente surprise : une veillée-conférence présentée par Gérard et Jean-Pierre : leur lecture de poèmes en langue « occitane » et français de Rudel, Mistral, Paul Froment, etc., l’audition de rap gascon ou de Nadau, montraient l’unité de ces pays de la France du Sud.

Mercredi, route vers Villeneuve et visite de Pujols, place-forte essentielle de l’Agenais depuis les Celtes. Victime des guerres contre les cathares, il fut détruit au profit de « Villeneuve », dans la plaine, puis reconstruit à l’autre bout de l’éperon rocheux. Laparade, bastide protestante dont la répression et l’abolition de l’Édit de Nantes avaient provoqué un exode massif. Sur la route du retour, traversée de Vianne jusqu’à son église et l’ancien dépositoire, avant le Moulin des tours de Barbaste.

Nous avons ainsi longé des axes de communication souvent séculaires, à travers serres, lacs collinaires, champs dévastés par les dernières intempéries ; maisons de maître et pigeonniers remarquables ; des paysages où la culture du tabac, un temps richesse de la région a disparu mais a laissé des traces dans l’habitat, une arboriculture où les noisetiers remplacent les pruniers mis à mal par le « pruneau californien » ; des terres de plus en plus cultivées en « bio » ; des éléments alternatifs précédés par la Conférence de Cancon (village traversé le mardi) organisée pendant le Sommet de Cancún de 1981 !

Merci à Alain, chauffeur d’un car confortable à la maniabilité appréciée ; à nos guides, Marie et son verbe joyeux, au conteur de pays Gérard excellent pour le passé comme pour le présent. Et un merci très chaleureux à Anne-Marie Tahon et à Pierre Cérézal, pour leur préparation et exécution parfaites, la riche plaquette aux documents élégamment mis en page, et surtout pour leur attention à tout et à tous durant ces trois belles journées historiques et gourmandes.

Des images ici.

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